Régénération Low-Tech : tous unis autour du Syndicat de Rivière
Le bassin Adour Garonne est identifié par les études les plus récentes comme le plus menacé par les évolutions climatiques en matière de fonctionnement hydrologique. Le territoire du Lot est est particulièrement sensible au sein de ce bassin. C’est sans surprise que c’est sur ce territoire qu’ont été prises en ce mois de juin 2025 des restrictions des usages de l’eau d’une manière historiquement précoce. Le bassin versant de la Barguelonne et du Lendou est représentatif d’un bassin hydrographique rural dysfonctionnel : l’eau y circule bien trop rapidement (engendrant des problèmes d’inondation à l’aval lors d’épisodes pluvieux intenses) et les cours d’eau, du fait notamment de leur encaissement dans le sol, sont massivement déconnectés des plaines alluviales (engendrant une sécheresse structurelle et une forte vulnérabilité aux chaleurs estivales).
Cet état des cours d’eau est le résultat d’une histoire longue des sociétés humaines avec les milieux rivières. Histoire merveilleuse pour les bénéfices tirés de ce milieu (terre agricole fertile, force hydraulique, déplacement de marchandise, matériaux de construction…) mais histoire également de la dégradation toujours plus importante de ces si précieux milieux dont la bonne santé est une condition centrale de la robustesse de nos territoires dans un contexte de changement climatique. Parmi les principaux facteurs : le massacre et la disparition des castors européens au 12ème siècle, l’installation de moulins et la domestication des cours d’eau à partir du 13ème siècle, les travaux de remembrement agricole du 20ème siècle.
Importé des Etats-Unis où elle est étudiée et pratiquée depuis une 20aine d’années, la régénération low tech des milieux rivières fondée sur les processus consiste justement à imiter l’action de l’ingénieur des écosystèmes disparus, Castor fiber, en utilisant des matériaux locaux et sans recourir à des engins thermiques de chantier, afin d’accompagner la reprise de processus naturels de régénération des milieux rivières.
A Montcuq en Quercy Blanc, le Syndicat Mixte du Bassin de la Barguelonne et du Lendou a organisé en juin 2026 un premier projet d’envergure. En partenariat avec un éleveur ovin et avec l’accord des autres riverains, ce sont une trentaine de personnes issues de divers acteurs territoriaux (autres syndicat de rivière, agriculteurs locaux, expertise des milieux aquatiques, spécialistes des travaux en cours d’eau, associations de protection de milieux aquatiques…) accompagnées par le spécialiste français de cette approche le MAPCa pour des rivières vivantes qui ont mis en œuvre de premiers aménagements dans le cadre d’un chantier école sur le ruisseau du Tartuguié, un cours d’eau particulier impacté par un étiage sévère chaque année. Les objectifs : ralentir l’eau, l’infiltrer dans les sols, complexifier le cours d’eau et le reconnecter à une zone humide ainsi restaurée… bref stocker l’eau de nos paysages.




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